LA PANTHÈRE DES NEIGES par S. Tesson

LA PANTHÈRE DES NEIGES par S. Tesson

Couverture du roman, aux éditions Gallimard

Sylvain Tesson s’est vu attribuer hier le prix Renaudot par surprise – surprise en effet puisque ce roman ne figurait pas dans la sélection finale. Depuis sa sortie, le 10 octobre dernier, il connait un grand succès en librairie. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de traiter de ce livre dans mon premier article.

Sylvain Tesson n’en est pas à son premier ouvrage primé  – lauréat du Goncourt de la nouvelle 2009 (pour Une vie à coucher dehors), du prix Médicis essai en 2011 (pour Dans les forêts de Sibérie), du prix des Hussard en 2015 (pour Bérézina). Le voyage est au cœur de ses écrits ; la plupart de ses livres sont nés des aventures qu’il a entreprises.  C’est au Tibet que l’écrivain-voyageur nous emmène dans son dernier livre La Panthère des neiges.

En quelques mots

Sylvain Tesson nous plonge donc, dans ce livre, au cœur des paysages tibétains, à la recherche d’un animal magnifique qu’on pensait disparu, la panthère des neiges. Cette quête est initiée par le photographe animalier Vincent Munier, qui invite notre auteur/narrateur à prendre part au voyage.

Que cherche-t-il et que va-t-il découvrir
dans les montagnes enneigées ?

Un avant-goût

 » – Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J’y retourne cet hiver, je t’emmène.
– Qui est-ce ?
– La panthère des neiges. Une ombre magique !
– Je pensais qu’elle avait disparu, dis-je.
– C’est ce qu’elle fait croire. »

La critique

On alterne, dans ce livre, entre le récit des différents évènements du périple (avancée dans les profondeurs du Tibet, animaux observés etc.) et le questionnement que ceux-ci font naitre dans la réflexion de l’auteur/narrateur. La place de l’être humain face à la nature est le point majeur de cette réflexion. Tesson regrette que, dans « nos vies hâtives », on ne considère plus la nature – on ne la voit plus, on n’en prend plus soin. Cette immersion en des terres où l’homme n’est pas nous font accéder à des valeurs oubliées telle que la patience. La patience n’existe plus dans nos sociétés modernes où l’on est toujours dans « l’en même temps » – jamais pleinement satisfait. Dans l’attente, dans l’incertitude d’un résultat, on se retrouve. Au-delà de l’animal, Tesson retrouve des êtres aimés mais perdus : une mère, une amante.

Durant la lecture, j’ai eu le sentiment de faire partie du voyage. L’écriture permet une réelle immersion dans le paysage notamment par la récurrence de certains thèmes comme le froid, le soleil sur la neige blanche. Tesson met en lumière le caractère « immémorial » de ce paysage et des êtres qui le composent ; à travers les âges, la nature est restée maitresse des lieux.

A titre personnel, je suis quelque peu déçue par l’issue de la quête ; retrouver la panthère semble presque être chose facile. Alors qu’on avait insisté sur le caractère quasi légendaire de sa disparition ( cf. Peter Matthiessen qui ne l’avait pas vue lors de son séjour au Népal en 1973) le groupe parvient cependant à l’apercevoir – et ce à multiples reprises. Cela a eu pour effet de me faire relativiser les enjeux du voyage – dommage. De plus, certains évènements du récit de voyage m’ont semblés répétitifs et auraient pu être éludés. Je conserve néanmoins un bon avis sur ce livre dont j’ai apprécié la lecture.

Et toi, qu’en penses-tu ? N’hésite pas à partager ton opinion !

Merci d’avoir lu cet article.
A bientot pour d’autres actualités littéraires.

Pour aller plus loin

En lien avec le sujet de cet article, je vous propose les ressources suivantes (lien direct) :

* Reportage FRANCE CULTURE (33 minutes)
« Le face-à-face avec l’animal, c’est la véritable expérience de l’Altérité »

* Reportage FRANCE INTER (37 minutes)
Entretien avec Sylvain Tesson et Vincent Munier

 

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