Critique d’une adaptation : « CHANSON DOUCE »

Critique d’une adaptation : « CHANSON DOUCE »

« Chanson douce » avait secoué la sphère littéraire dès sa sortie ; Leïla Slimani s’était d’ailleurs vue récompensée pour son travail en obtenant le prix Goncourt en 2016. Cette histoire bouleversante a fait l’objet d’une adaptation cinématographique, réalisée par Lucie Borleteau. L’adaptation proposée, sortie le 27 novembre dernier, a toutefois été reçue avec peu d’enthousiasme. Quelques mots par Actualitté.

Critique d’une adaptation critique

« Chanson douce » s’inspire d’un fait divers survenu à New York en 2012 : un double infanticide commis par une nounou sur les jeunes enfants qu’elle gardait. Leïla Slimani nous propose sa version du drame, à Paris. Il s’agit d’un roman fort dont la lecture m’avait personnellement bouleversée. J’attendais beaucoup de son adapatation cinématographique. Les images sauraient-elles retranscrire la force de l’écriture ? Je me concentrerai ici sur la structure de l’intrigue, du roman à l’adaptation. Je ne reviendrai pas sur le jeu des acteurs – libre à chacun de se faire son avis à ce sujet !

Adapter un écrit à l’écran n’est pas chose simple. Le défi consiste à exploiter toutes les possibilités techniques des images tout en restant fidèle au texte écrit. La difficulté est d’autant plus grande ici puisque qu’un malaise et une tension s’installent petit à petit au moyen de l’écriture ; comment retranscrire cela ? Cette question explique sans doute le choix de la réalisatrice d’avoir modifié l’ordre du récit. Tandis que le roman s’ouvre sur la scène d’assassinat et de découverte par la mère – la tension est à son comble dès le début – le film instaure une chronologie dans les évènements afin de permettre une meilleure compréhension. A l’écrit, les retours en arrière sont nombreux afin d’exposer les fêlures dans la psychologie du personnage de la nounou ; ils permettent d’expliquer son geste irréparable. Sans ces retours en arrière, les élements du passé ne sont pas conservés ; l’intrigue est certes plus simple mais malheureusement plus pauvre car les élements ne nous apparaissent pas comme étant les prémices d’un drame. En définitive : à l’écran, l’intrigue ne prend pas ; la tension si présente dans le roman n’est pas retranscrite à sa juste valeur en images. Il est cependant toujours intéressant de visionner l’adaptation après avoir lu le roman pour se forger sa propre opinion !

Découvrir le roman de Slimani

Synopsis du roman aux éditions Gallimard : « Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame. 
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant. »

*Ressource La Grande Librairie : 10′
*Ressources France Culture : Chanson Douce et Leïla Slimani

En savoir plus sur l’adaptation

Synopsis du film : « Paul et Myriam ont deux enfants en bas âge. Ils engagent Louise, une nounou expérimentée, pour que Myriam puisse reprendre le travail. Louise se montre dévouée, consciencieuse, volontaire, au point que sa présence occupe une place centrale dans la famille. Mais très vite les réactions de Louise deviennent inquiétantes. »

Découvir la bande annonce


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A bientot pour un nouvel article 🙂

Ariane Agathe

One Reply to “Critique d’une adaptation : « CHANSON DOUCE »”

  1. Comme souvent les adaptations cinématographiques des romans laissent souvent le spectateur/lecteur déçu.
    Ce commentaire précis nous indique les raisons pour lesquelles nous, lecteur, ne retrouverons pas nos émotions dans le film.
    Une interprétation qui n’est pas la nôtre perturbe, mais quand le scénario ne suit pas la chronologie du livre on est perdu.
    Un tel sujet à mettre en scène est tellement difficile, perturbant qu’il faut saluer le courage de l’avoir fait, quelles que soient les critiques.

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